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123CS

Échographie robotisée : rapprocher l'expertise du patient, sans compromis sur la sécurité

Publié le 7 septembre 2026

Entretien Medtech et imagerie : Jean-Alexandre KAMINISKY, CEO et associé de SWIIFT Imaging, plateforme robotisée de télé-échographie HAPTUS sécurisée avec 123CS

Jean-Alexandre KAMINISKY — CEO & Associé de SWIIFT Imaging

Entretien • Medtech & imagerie — SWIIFT Imaging | Plateforme robotisée HAPTUS

Entretien avec Jean-Alexandre KAMINISKY, CEO & Associé de SWIIFT Imaging

Fort d’environ vingt ans d’expérience dans la Medtech, au sein de grands groupes et de startups, Jean-Alexandre KAMINISKY porte aujourd’hui avec ses associés le développement de SWIIFT Imaging et la mise sur le marché d’HAPTUS, une plateforme robotisée de télé-échographie conçue pour rapprocher l’expertise clinique du spécialiste des patients mal desservis.

20 ans de Medtech • 4 profils complémentaires • Europe & USA

SWIIFT Imaging, spin-off du CEA, développe HAPTUS autour d’une ambition : rendre l’échographie accessible là où l’expertise n’est pas physiquement disponible, 24/7, tout en conservant un haut niveau d’exigence clinique, réglementaire et cyber. L’entreprise réunit des compétences médicales, robotiques et Medtech complémentaires et s’appuie sur plus de vingt ans d’expertise en robotique.

1. Quel collectif et quelle ambition portent aujourd’hui SWIIFT Imaging et la plateforme HAPTUS ?

SWIIFT Imaging repose sur un collectif de quatre profils très complémentaires. Le Dr. Stéphane Luong, médecin vasculaire, est à l’origine du projet, actuel chairman et son Chief Medical Officer. Cyril Jourdan, CTO, apporte une expertise reconnue en robotique. Robin Maisonneuve, COO, en charge de l’industrialisation et de l’ensemble du volet AR&Q, et moi-même avons rejoint l’aventure avec des parcours construits dans des grands groupes, des ETI et des entreprises Medtech en croissance. Cette complémentarité donne au projet un caractère très opérationnel éprouvé.

Les fondateurs ont benchmarké l’état de l’art avant de s’appuyer sur plusieurs équipes et laboratoires du CEA, notamment sur les sujets de mécatronique, d’IT et de qualité des signaux (gestion des latences). Notre priorité est désormais la mise sur le marché, simultanément en Europe et aux États-Unis, de notre plateforme HAPTUS.

La première version de notre plateforme vise la routine clinique : un expert réalise à distance l’examen grâce à un bras robotisé côté patient et à un retour haptique d’une sensibilité inégalée. L’enjeu est de permettre à l’expertise de circuler là où elle manque, notamment dans les territoires sous-dotés, tout en améliorant l’efficience des organisations. L’échographie est particulièrement pertinente pour cette approche : elle est simple à déployer, fréquemment utilisée en première intention, mais reste fortement opérateur-dépendante.

« Les besoins s’expriment partout dans le monde à peu près de la même manière. »

2. Quels enjeux de sécurité, de données et d’acceptabilité accompagnent une plateforme robotisée de télé-échographie ?

Notre exigence première est de garantir la sécurité du patient tout au long de l’examen. Avec une plateforme robotisée pilotée à distance, la cybersécurité ne concerne pas seulement les données : elle touche aussi à l’intégrité physique. Il faut empêcher qu’un mouvement brusque puisse être reproduit côté patient, protéger également l’expert qui manipule le dispositif et prévenir toute prise de contrôle malveillante du fonctionnement du robot. Ces contraintes sont intégrées au cahier des charges réglementaire et qualité. La sécurité passe également par la maîtrise des accès et la sanctuarisation de l’usage de la plateforme et des données patients. C’est un enjeu de conception, mais aussi de confiance dans la routine clinique.

Enfin, l’acceptabilité est essentielle. Se faire examiner à distance par l’intermédiaire d’un bras robotisé change la relation au geste médical. Nous avons donc prévu un échange live audio et vidéo entre le patient et l’expert afin de conserver une relation directe, d’expliquer la posture attendue et d’accompagner le patient pendant son examen.

« Il y a aussi un autre sujet potentiellement, qui est le sujet de la cybersécurité, où vous avez un agent extérieur qui peut prendre possession du fonctionnement du robot. »

Sécuriser l’innovation pour préparer le déploiement

3. Pourquoi avoir choisi 123CS comme partenaire de sécurisation ?

La rencontre avec 123CS est née d’une mise en relation par Cédric Goillot, au moment où nous réfléchissions à notre présence aux JFR. Nous voulions conserver notre positionnement agnostique aux côtés des fabricants d’échographes : être hébergés sur le stand d’un industriel aurait brouillé ce message. L’idée d’un partenariat avec un acteur complémentaire à notre écosystème avait donc beaucoup de sens.

Le rapprochement s’est rapidement imposé autour d’un besoin très concret : sécuriser le fonctionnement de la plateforme et ses futurs déploiements. Le dispositif développé par 123CS pour isoler et protéger l’usage des DM en imagerie répond directement à notre problématique de cybersécurité. Les éléments préparatoires au partenariat, notamment un benchmark poussé et les retours de fabricants de plateformes d’échographie, ont également conforté ce choix.

Il y a enfin une dimension humaine et stratégique. La relation avec Yannick Devos est professionnelle et fluide. 123CS est une structure à taille humaine, spécialisée dans la santé, avec laquelle les métiers sont clairement identifiés. Nous partageons aussi des enjeux d’innovation et de souveraineté. Cette proximité rend le partenariat lisible et cohérent.

« On est chacun sur son métier, il n’y a aucune ambiguïté. On est très complémentaire. »

4. En quoi l’expertise de 123CS doit-elle contribuer à la sécurité et à la performance des futurs déploiements d’HAPTUS ?

Le partenariat est encore dans une phase préparatoire : HAPTUS n’est pas aujourd’hui déployée en routine clinique et les autorisations réglementaires seront prochainement obtenues. Les premiers tests avec 123CS doivent être réalisés prochainement. Il est donc important de parler d’une contribution attendue et en cours de validation, et non d’un retour d’expérience déjà consolidé.

L’objectif est de disposer d’une couche de sécurisation cohérente avec la criticité du dispositif : protéger les flux, contrôler les accès, réduire le risque de prise de contrôle malveillante et adapter le dispositif aux spécificités de notre architecture. La taille et l’agilité de 123CS permettent aussi d’envisager des adaptations au plus près du produit et des contraintes réglementaires. Ce partenariat a également une valeur industrielle : il nous permet d’intégrer la cybersécurité en amont du déploiement plutôt que comme une correction a posteriori. Pour une plateforme robotisée qui doit être utilisée dans des environnements de santé et demain à grande échelle, cette logique de sécurité intégrée est structurante.

« Il y a le côté techno, il y a le côté utile pour notre proposition de valeur et sécurisation de nos déploiements. Et il y a le côté humain bien évidemment. »

Conclusion prospective • De la télé-échographie à l’autonomie robotique

La première étape d’HAPTUS consiste à rapprocher l’expert du patient à distance. La suivante doit permettre à des bras robotisés de réaliser de manière autonome des examens protocolisés, notamment pour des cas d’usages dans le domaine du dépistage ciblé en cardiologie ou en oncologie, avec une disponibilité potentielle 24/7.

Cette trajectoire repose sur un actif décisif : la donnée. En routine clinique, SWIIFT Imaging ambitionne de disposer de manière synchronisée de l’image, de la pression exercée par la sonde, de sa position et de son incidence. Ces données structurées pourront nourrir les modèles d’IA destinés à entraîner progressivement le robot et à intégrer des algorithmes de lecture de l’échographie. À mesure que l’autonomie augmentera, l’exigence de cybersécurité devra progresser au même rythme : la collaboration avec 123CS prend ainsi place dans une logique de sécurité dès la conception et de préparation des futurs déploiements.

  • HAPTUS — télé-échographie robotisée
  • IA & data — vers l’autonomie protocolisée
  • 123CS — sécurité des futurs déploiements

« En fait, à travers la routine clinique, nous allons être le seul acteur au monde à disposer en synchrone des informations relatives à l’examen clinique : l’imagerie, la pression exercée par la sonde, la position dans l’espace et l’incidence de la sonde… »

Pour SWIIFT Imaging, cette donnée structurée doit devenir le carburant des modèles d’IA et de la future autonomie robotique d’HAPTUS.

En savoir plus : swiiftimaging.com123cs.fr

Interview réalisée en distanciel le 7 août 2026 par Sébastien TAUPIAC, consultant et expert dans le secteur de la santé.